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Le transistor a 60 ans

Soixante ans seulement ! Le transistor a changé la vie de gens comme moi. Inventé en 1947 par trois chercheurs de Bell Telephone (voir l’article Wikipedia), il a permis le développement rapide de l’électronique puis de l’informatique telles qu’on les connait aujourd’hui. Michel Serres dit qu’une invention change le regard que l’on a sur le monde. Le transistor est de ces inventions qui ont maillé le monde développé, musique, Internet, photo, téléphone, télévision, micro informatique. Il m’a permis d’avoir un métier qui me passionne, développer les usages des technologies.

Merci Messieurs John Bardeen, William Shockley et Walter Brattain

La fontaine Bartholdi gelée

Le tour de l’homme

Le jour se lève indifférent à la notion de jour
une voiture klaxonne avec insistance en bas dans la rue
la chaîne des Alpes paraît si proche de Lyon ce matin
comme si la ville était dans un cirque.
Au-dessus des montagnes le ciel est rouge orange
des oiseaux y passent traits noirs
croisant les traces courtes des avions.
Cette ville m’est si familière
j’arriverais ailleurs à Lisbonne Mexico Osaka je serais étonné émerveillé.
Qu’est-ce donc que les hommes ont bâtis là ?
Comme ils sont nombreux là !
À Lyon ce matin devant ce ciel de lever de soleil
la même question :
Que vont faire ces hommes aujourd’hui encore puis demain ?
Pensent-ils en ce moment au fait qu’ils sont en vie
ou vaut-il mieux qu’ils pensent à autre chose
comme ce conducteur qui appuie sur son klaxon
soucieux seulement de se déplacer rapidement dans ce paysage
vers un autre point de la ville.
Un paysage où se lève le soleil est beau seulement pour celui qui le regarde d’en haut
mesurant la distance des montagnes comme celle de la longueur de sa vie.
Les journaux ont écrit hier que l’on a cloné le premier singe
et concluaient-ils se sera bientôt le tour de l’homme
il deviendra immortel
immortel.
Que les Alpes sont proches ce matin !

En courant ce samedi matin au Parc de la Tête d’Or, j’ai ressenti comme souvent à la fois :

  • l’instant
  • le temps

Je coure presque chaque week-end et je vois ce magnifique parc changer à chaque fois, passer des arbres nus aux premières pousses, puis au vert tendre, au soleil, à la chaleur, puis aux premières feuilles rousses, aux nuages de feuilles qui volent dans le vent comme des nuées d’étourneaux. Je sens le temps du temps, son cours, son fil, son passage, je le regarde comme je regarde des berges le Rhône passer dans la ville. Limite de cette analogie toutefois quand je cours au Parc, je ne suis pas assis sur la berge mais je suis sur le fleuve, je suis dans le temps, à un de ces points que je ressens plus intensément car je suis vacant, disponible pour ressentir les sensations qu’éveillent les arbres, le ciel, pour ressentir le plaisir de mon corps dans l’effort, pour laisser les idées venir, se croiser, en produire de nouvelles, comme par exemple cette idée de post.

Brel

Ecouter Brel depuis plus de 30 ans, c’est aussi s’immerger dans le temps à travers des instants. Le laisser revenir dire ce qu’il a vécu comme homme, comment il vivait ça, comment il avait ce “où” il avait envie d’aller. Brel c’est dire la vie, à la fois l’intensité de qui est vécu sur le coup (Orly, Marieke, Au suivant, Regarde bien petit), la force dans le temps et cette inscription avide de le vivre à fond (La lumière jaillira, Vieillir, Les Marquises), exactement comme lorsqu’enfant Jacques Brel pédalait de toutes ses forces jusqu’à tomber d’épuisement. Le jour de la sortie de son dernier disque, en 1977 (j’avais 19 ans), je suis allé acheté son disque et j’ai emprunté un tourne-disque à un étudiant dans la résidence étudiante où je logeais alors. Première écoute que je renouvelle aujourd’hui en l’écoutant en faisant mon jogging ou dans la ville, dans les transports en commun. Que dire de ces chansons ? Que dire d’autre que de citer leur titre ? Tout juste dire qu’aujourd’hui si l’on aime Brel (et même si on ne l’aime pas) il faut écouter Abd Al Malik, dans son album Gibraltar entre autres quand il chante “Les autres”.

Voici ma playlist sur mon baladeur :

  • Les paumés du petit matin
  • Marieke
  • Quand on a que l’amour
  • Grand Jacques
  • J’en appelle
  • Fils de…
  • La bière
  • Mon père disait
  • Regarde bien petit
  • Un enfant
  • Ces gens-là
  • Jef
  • Mathilde
  • Au suivant
  • La lumière jaillira
  • Pourquoi faut-il que les hommes s’ennuient
  • Vieillir
  • Voir un ami pleurer
  • Jaurès
  • Jojo
  • Le bon Dieu
  • Les Marquises
  • Orly

J’ai organisé à plusieurs reprises en 2007 des visites des pentes de la Croix-Rousse, le quartier où j’habite. Si le prétexte en est à chaque fois les traboules, en réalité mon souhait est surtout durant dans ces visites de faire ressortir l’exceptionnelle histoire de ce quartier marqué par deux martyrs : celui de Blandine au 2e siècle dans l’amphithéâtre des Trois Gaules, celui encore plus sanglant des ouvriers de la soie au 19e siècle, les premiers à se révolter dans l’histoire ouvrière durant la révolte des Canuts en 1831 . Les pentes furent alors un véritable creuset d’expérimentations sociales avec la création des premières épiceries coopératives, préludes des syndicats, et durant la Restauration d’écoles libres. Elles conservent de cette époque ce côté alternatif, beaucoup plus que le plateau, même si elles tendent elles aussi ces dernières années à se boboïser.

En suivant l’itinéraire ci-dessous, idéalement un jour de soleil, vous alternerez histoire romaine et histoire ouvrière, vues sur la Saône et sur le Rhône. Vous serez dans tous les Lyon, du romain à celui qui s’étend jusqu’à Satolas devenu Saint-Exupéry.

Traboules Croix-Rousse

Source de la carte : Google Maps

Lecture autour du couple

Cet été, après avoir vécu une séparation particulièrement difficile et encore dans cette douleur, j’ai mis mon énergie dans la lecture de plusieurs livres sur la naissance et les fonctionnements du couple. J’avais évidemment conscience qu’en lisant ces livres je tentais de contrôler la situation. Mais en tant que technicien (je suis ingénieur), il est pour moi naturel , normal, d’essayer de comprendre comment fonctionnent les choses (oui, je démontais les réveils quand j’étais enfant) pour mieux les faire miennes, en créer à mon tour.

Or donc, j’ai lu trois livres, Le paradoxe de la passion de Dean Dellis et Cassandra Phillips, La peur d’aimer de Steven Carter et Choisir qui on aime de Howard M. Halpern. C’était un peu trop d’un coup, vers le milieu d’août j’ai commencé à saturer. Que me reste-t-il de ces lectures aujourd’hui, au moment où je me (re)lance dans une démarche délibérée de rencontre ?

D’abord l’idée centrale développée dans Le paradoxe de la passion. Celle qu’il arrive souvent de se trouver dans un couple en situation déséquilibrée, l’un des deux étant dominant et l’autre dépendant, ceci parce que pour une raison ou une autre les sentiments des deux ne sont pas à la même hauteur au même moment. Dans un couple qui “fonctionne” bien, ce déséquilibre passe fréquemment de l’un à l’autre. Chacun est à son tour à tour dans chacun des deux rôles. Mais en situation déséquilibrée de paradoxe de la passion, le couple n’est pas dans un fonctionnement basé sur l’échange mais dans un fonctionnement centré sur des jeux de pouvoir. Ce qui se traduit souvent par le classique “Suis-moi je te fuis, fuis-moi je te suis.” Par des souffrances des deux partenaires, l’un de ne pas être assez aimé, l’autre de culpabilité. Le couple peut passer beaucoup de temps dans cette situation. Et si enfin le dépendant choisit de rompre sa dépendance, de s’en aller, alors à ce moment la relation s’inverse, le dominant à son tour devient le dépendant. On se remet alors ensemble car l’ancien dépendant n’en croit ni ses yeux, ni ses oreilles : celui qui ne l’aimait pas l’aime enfin. Dès les retrouvailles, la relation s’inverse une nouvelle fois, l’ancien dominant redevient dominant dès qu’il a “récupéré” son “dépendant”. Ce cycle rupture/retrouvailles peut se rejouer plusieurs fois. Je peux en témoigner.

Qui choisit-on d’aimer ? En voilà une bonne question. Dans Choisir qui on aime, Howard M. Halpern, souligne d’abord à quel point on peut s’accrocher à des relations dans lesquelles on souffre, où on ne se retrouve pas tel que l’on est (voir ci-dessus). Il traite donc lui aussi de dépendance amoureuse puis il examine les raisons personnelles qui peuvent nous y mener. Car nous sommes des victimes consentantes, même si c’est à notre corps défendant. Nous sommes souvent attiré par les mêmes personnes jusqu’à temps de se décider enfin d’aimer la “bonne” personne. Celle qui nous attire tout en étant capable d’établir avec elle une relation équilibrée. Mais pour nous, lecteur de ce livre, comment être cette bonne personne pour l’autre, celle que nous souhaitons rencontrer ? Conseils classiques : être capable de romantisme, écouter, entendre, accueillir l’autre tel qu’il est. Et moins classiques, s’élargir à quelque chose de grand, social, philosophique, religieux, artistique, etc. Evidemment ces conseils sont assez théoriques quand on se retrouve en situation amoureuse dans la vraie vie bien réelle, un peu comme quand on doit appliquer les conseils d’un moniteur de ski ou de tennis. L’intérêt de Choisir qui on aime est de montrer ce cheminement depuis le couple décrit dans Le paradoxe de la passion vers un couple libre.

Le troisième ouvrage, La peur d’aimer, est lui centré sur l’engagement véritable dans une relation sincère. L’auteur traite des 8 courages à avoir (selon lui) pour s’ouvrir à cet amour : le courage de cesser de blâmer, de nous débarrasser de nos fantômes, de trouver notre soi et de lutter pour lui,  de garder les pieds sur terre, de laisser les autres apprendre à nous connaître, d’apprendre la leçon de l’acceptation, de tracer une nouvelle voie, de regarder nos angoisses en face. Ce livre donne envie d’essayer à nouveau en faisant la part de ce qui relève de la décision profonde, du dépassement de ses réactions habituelles pour passer à de nouveaux comportements respectueux de l’autre et de soi-même.

Il m’est resté de ces trois livres le ressenti que l’amour est une “chose” à deux niveaux. Le premier est compulsionnel, passionnel, source de souffrance. Le second est mature, facteur de respect mutuel. Passer de l’un à l’autre, de l’amour passion à l’amour respect, nécessite à la fois de l’intuition, de la finesse, de la sensibilité et de la détermination, du courage, de la persistance. Cela en vaut la peine.

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